Ecosia, moteur de recherche gratuit et écologique pour les philanthropes

Ecosia se présente comme une entreprise à vocation sociale, qui s’est positionnée en faveur de la protection de l’environnement, à travers une redistribution des recettes générées par son moteur de recherche. Lancé en décembre 2009, Ecosia est né d’une collaboration avec Bing (Microsoft) et Yahoo!

Organisation et modèle économique

Le projet Ecosia est l’œuvre de Christian Kroll, qui n’en est pas à son coup d’essai. L’historique d’Ecosia révèle qu’il a lancé son premier moteur vert Forestle en 2008 porté par un partenariat publicitaire avec Google, mais le leader a rapidement mis fin au projet. Depuis janvier 2011, les requêtes sur Forestle sont automatiquement redirigées sur Ecosia.

L’expérience Forestle a permis de susciter l’intérêt de Yahoo! Allemagne et a révélé le besoin d’une alliance avec des géants de la recherche en ligne pour mener à bien un tel projet. Après Google, Christian Kroll s’est donc rapproché de Bing et de Yahoo! pour lancer Ecosia. Bing procure les résultats de requêtes et Yahoo! fournit les liens sponsorisés et d’affiliation, générateurs de recettes. Ces firmes américaines touchent une commission, puis Ecosia reverse 80 % des revenus restants à des programmes environnementaux (les 20 % conservés financent l’entreprise). Interviewé ici en septembre dernier, son fondateur affirme qu’Ecosia est utilisé par « plus de 200.000 personnes dans le monde ». La dimension écologique repose sur une compensation des émissions carbones liées aux clics, via des dons à WWF pour la préservation de la forêt amazonienne (plus de 400 000 € ont ainsi déjà été collectés). 

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Les courbes du nombre de requêtes sur Ecosia et du montant des dons versés à WWF sont logiquement corrélées.

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A noter le croisement des deux courbes, avant l’été 2011, qui s’explique par l’examen du détail des revenus d’Ecosia entre juin et juillet 2011 :

  • Maintien des recettes issues des liens sponsorisés (« search ads »)
  • Hausse des recettes générées par les liens d’affiliation (« EcoLinks »).

La distinction entre les deux est simple :
Les liens sponsorisés correspondent aux « annonces » entourant les résultats de requêtes.
Les liens d’affiliation sont symbolisés par un chariot précédent la mention « EcoLink ». L’internaute qui réalise un achat après avoir cliqué sur ce lien permet à Ecosia de récupérer une commission variant de 2 à 5 %.

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Economie solidaire et développement durable

Cette forme d’entreprenariat social s’inscrit dans la lignée des réflexions du Prix Nobel de la Paix 2006 Muhammad Yunus, prônant « le développement économique et social par le bas ». L’engagement de Bing et Yahoo! dans ce moteur de recherche écolo révèle la dimension philanthropique de ces entreprises, capitale en terme d’image. Cela fait aussi écho à Yahoo! for good et à la Bill & Melinda Gates Foundation, autres programmes de dons à des ONG et œuvres caritatives.

La transparence apparaît comme un principe phare d’Ecosia : rapports financiers, certificats de dons et statistiques autour des requêtes sont librement consultables par les internautes. Ils ont d’ailleurs permis de réaliser le graphique ci-dessus. La visibilité de ce moteur de recherche innovant demeure limitée, en l’absence de budget publicitaire : sa stratégie de communication est donc basée sur le bouche-à-oreille. En France, les quelques occurrences liées à ce moteur ont été trouvées dans des sites à teneur essentiellement écolo. Cela explique les données géographiques des requêtes sur Ecosia : 11 % émanent de France contre 62 % outre-Rhin, signe du fort ancrage allemand de l’entreprise. A noter, ces éléments sont confirmés par une recherche Google Trends.

La baisse du nombre de requêtes, amorcée depuis début 2011, atteste bien de la fragilité d’un modèle alternatif comme Ecosia. Même si les recherches et le shopping durables constituent des usages numériques encore peu répandus (cf. BD de Martin Viberg du 04/02/2009), ils sont voués à se développer au gré de la prise de conscience par les internautes de leur empreinte écologique. D’ici là, la question du coût énergétique lié aux activités numériques demeure polémique, en atteste les commentaires de cet article du blog Ecologie du Monde.

Pourquoi j’en parle ?

Le projet Ecosia fait écho à la thématique numérique et développement durable déjà abordée dans un précédent article sur l’optimisation logicielle.

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