MediaLingerie : les dessous de Rennes 1720

Après le portrait consacré à RennesTV en avril, je continue mon tour d’horizon de la scène d’information hyperlocale. La semaine dernière, j’ai rencontré une partie de l’équipe de Rennes 1720 : l’un des derniers-nés pure player de la capitale bretonne. Un petit trajet en bus pour arriver au centre ville de Chantepie où est basée la rédaction du site d’information. Julien Joly, le directeur de la publication, m’accueille à bras ouverts et me guide jusqu’à son repère. J’apprends que Rennes 1720 est né et se développe dans un garage, à la Steve Jobs ! Cet écho à la Silicon Valley est bien sûr loin de me laisser insensible et nous blaguons sur d’autres similitudes potentielles avec le gourou d’Apple. Une alimentation basée sur des régimes de pommes par exemple ? Non, pas vraiment me rassure Julien ; les deux fondateurs sont végétariens et cultivent un potager bio, d’où l’intérêt d’habiter une maison. Nous arrivons et je découvre le fameux garage aménagé qui abrite la salle de rédac où m’attend déjà une partie de l’équipe.

Bureau

On s’y sent bien chez Rennes 1720 : l’accueil est chaleureux, la discussion s’amorce jusqu’à aller bon train en dégustant du thé et des muffins maison. Mais avant de poursuivre, petit focus sur le nom du pure player, pour ceux que cela intriguerait :

« L’année 1720 est une des plus marquantes de l’histoire de Rennes : celle du grand incendie du 23 décembre 1720, qui a entraîné la disparition d’une partie des anciennes maisons à colombages et initié le renouveau de la ville. A la rédac’, on aime bien cette idée de construire quelque chose de nouveau, de durable. A ce titre, on avait aussi retenu la date de 1726, à laquelle commence effectivement la reconstruction de Rennes. Sauf que dans 1720, il y a… 2.0 ! »

Logo

Rennes 1720, un « laboratoire » médiatique hyperlocal

Fin 2011 – début 2012, alors que je constatais déjà l’effervescence de la scène médiatique rennaise, j’avais vaguement entendu parler d’un projet de site alliant participatif et datajournalisme. J’ai attendu le 6 février pour découvrir Rennes 1720, après quelques péripéties d’ordre technique : « des lecteurs qui mettent en commun leurs compétences pour faire marcher un site d’actualité, grâce aux outils du web 2.0, c’est le credo de Rennes 1720. Aurait-on pu rêver inauguration plus symbolique ? ». La ligne éditoriale du pure player est axée autour de plusieurs valeurs : éthique, curieux, ouvert, proche et connecté. L’approche participative de ce site entièrement gratuit ressort très nettement, via les contributions des internautes et à l’image de la carte interactive « Améliorez Rennes » (inspirée du modèle américain du SeeClickFix). Mais Rennes 1720 c’est également et surtout « un laboratoire de l’information locale utilisant les techniques du web ». Ne retrouve-t-on pas dans cette formule un lien symbolique avec la Silicon Valley et la soif d’innovations ?

Sur Rennes 1720, textes, photos, diaporamas sonores, BD, infographies et visualisations de données se côtoient en toute insouciance. Les dimensions participative et visuelle constituent le cœur du pure player, parce qu’elles font appel à une pluralité de compétences et parce qu’elles visent à traiter l’information hyperlocale sous diverses formes. Rennes 1720 vous propose ainsi de découvrir la vie dans une réquisition du DAL avec un diaporama sonore, ou de rentrer dans les coulisses d’un Conseil Municipal en BD. La dimension journalistique textuelle (plus classique) est aussi présente avec des articles (« pas trop longs »).

Mais quelle que soit la forme adoptée, les sujets se retrouvent liés par une approche personnelle et humaine. Quelques exemples : la rencontre avec le community manager de la Star (tout bon Rennais un tant soit peu connecté le suit sur les réseaux sociaux), le portrait du chanteur Da Silva comme « amant idéal » ; vos questions à Jean-Marc-Mahy, « ex-taulard et anti-héros de théâtre », etc. La diversité des thématiques reflète aussi le dynamisme de l’agglomération rennaise : le LabFab rennais et son imprimante 3D « qui fascine les bricoleurs » ; le suivi du Forum Libé avec « les élites près de chez vous » ou encore Mythique, la web-série made in Rennes. En résumé, Rennes 1720 est un site participatif qui accorde une place centrale aux Rennais par le biais de multiples formes journalistiques numériques. Son slogan : La ville en coulisses.

La rubrique « Rennes graphique » est véritablement un espace de créativité et d’expérimentations. Vous y découvrirez des infographies et des data visualisations qui ont pour objet de mettre en scène des informations chiffrées. En bref, faire parler les données et les traduire visuellement, avec par exemple le vote des Rennais au premier tour des élections présidentielles ou le budget de la ville de Rennes. Rennes 1720 a également dressé le portrait des Rennais vus par Google, confirmant les dimensions universitaire et culturelle de la ville. Petit teasing : le bruit court dans la salle de rédac que le portrait des Rennais vus par Twitter serait dans les cartons…

Rennes1720

Rennes 1720, bref portrait de l’équipe

Le projet Rennes 1720 a été conçu par Julien Joly, lorsqu’il était encore étudiant à l’École de Journalisme de Toulouse (EJT). Il s’est fait la main dans plusieurs médias traditionnels, parmi lesquels des titres de PQR (Ouest-France, La Gazette du Midi) et de PQN (Le Jour [quotidien national indépendant camerounais] et Le Monde). Il est également passé par des médias web (Agora Vox, Actu Toulouse [site alimenté par les étudiants de l’EJT], Mediapart dans le cadre d’un projet étudiant), et par la radio (Radio Présence). A coté de ces expériences du monde des médias, Julien s’est également constitué un background technique (développement web). Mais sa curiosité pour les formes médiatiques numériques est l’élément central pour comprendre comment est né le projet. Julien n’a en effet pas caché son goût pour les projets d’Owni, pour le datajournalisme et pour les webdocumentaires notamment. Sa dernière année à l’EJT aura donc été marquée par son retour en terre bretonne pour lancer Rennes 1720 et rédiger un mémoire sur le journalisme hyperlocal à travers l’outil du journalisme de données.

Julien est donc directeur de publication et rédacteur en chef de Rennes 1720. Il a lancé ce pure player avec Gwenn Chenebaud, une journaliste spécialisée photo et son, diplômée de l’École technique privée de photographie et de multimédia (ETPA) et de licences d’histoire et d’histoire de l’art, spécialité civilisation celtique à Rennes 2. Gwenn est à la photo ce que Julien est aux expérimentations data, elle est à l’origine du photoblog du pure player conçu comme « un portrait de Rennes par les Rennais ». Mais Rennes 1720 ne se résume pas à ses fondateurs comme ils le soulignent eux-mêmes. A propos des mentors, Julien a cité Valérie Parlan, professeur de déontologie à l’EJT, ainsi que Benjamin Keltz (fondateur de Rennesinhonet). Il a aussi insisté sur le rôle joué par Jean Abbiateci et Léa Lacroix (initiatrice du Collectif Open Data Rennes) entre autres, qui, par leurs précieux conseils lui ont notamment permis de mieux maîtriser les secrets du traitement et de la visualisation de données. En presque trois mois d’existence, le cœur de l’équipe de Rennes 1720 s’est aussi étoffé avec l’arrivée de contributeurs aux compétences variés. En plus des fondateurs, j’ai rencontré Sophie Barel (graphiste freelance, réalise la chronique culture), Pierre Bunk (webdesigner et auteur des « chroniques bretonnes », illustre en BD l’actualité rennaise) et Agathe Thebault (diplômée d’une licence de Psychologie spécialisée petite enfance et science de l’éducation à Rennes 2, vient s’essayer au journalisme hyperlocal). Mais l’aventure Rennes 1720 c’est déjà aussi Aurélien, Hadrien et Sullivan (que vous ne verrez pas sur ce portrait d’équipe).

équipe
(G-D) Agathe Thebault, Pierre Bunk, Sophie Barel, Julien Joly & Gwenn Chenebaud

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