Les premières 24 heures de la MediaLab Session : acte 2

Le coup d’envoi de la MediaLab Session a été donné vendredi à Nantes. La soirée de lancement a été l’occasion pour les participants de se constituer en quatre équipes autour de projets de créations de médias. Le défi est de taille : ils ne disposent que de 48 heures pour présenter au jury final (dimanche soir) un projet aussi abouti que possible. Au-delà du choix du support et de la thématique, ils doivent réfléchir à la valeur ajoutée de leur service, à leur cible, à leur modèle économique, tout en imaginant leur produit et idéalement en réalisant un prototype. En bref, ils n’ont pas de temps à perdre pour aboutir à un projet qui tienne la route ! Les participants l’ont bien compris et sont arrivés dès 9 heures pour se retrouver autour d’un petit déjeuner avant de se mettre au travail.

Une journée de travail et de questionnements

Les équipes étaient libres de choisir de leur salle et l’ensemble des participants s’est très vite approprié l’espace de Sciences Com. Trois groupes ont installé leur QG au premier étage dans des bureaux distincts, alors que la quatrième équipe a choisi de s’installer seule au deuxième étage. Au-delà du calme nécessaire pour travailler (moins d’interférences entre les conversations), cette appropriation des lieux est peut-être révélatrice d’un souhait d’éviter tout espionnage concurrentiel ?! A ce propos, lorsque je me suis faufilée dans les rangs des équipes pour découvrir leurs avancées et prendre quelques photos, certains m’ont soupçonnée de me livrer à de telles pratiques ;) La faute m’en revient de ne pas m’être préalablement identifiée comme neutre et observatrice … de peur de les couper dans leurs échanges. Je crois que je suis repérée maintenant…

Pour revenir à une dimension plus concrète sur cette première journée, évoquer l’organisation des espaces de travail me paraît pertinent. Chaque équipe est bien sûr équipée d’ordinateurs allumés et connectés, ce qui est assez logique, puisque les projets développés au cours de la MediaLab Session comportent tous une composante numérique. Cela étant, discuter et gribouiller par écrit les idées demeure indispensable pour synthétiser la réflexion.

Paperboard webcast

C’est ainsi que les brainstormings, schémas et démonstrations se matérialisent grâce aux bonnes vieilles méthodes de paperboards et de tableaux blancs.

Paperboard mag

Par ailleurs, au fil de la session, les participants reçoivent la visite des différents mentors pour suivre, questionner et accompagner leurs projets. La question de la fréquence et de la durée de ces séances de discussion s’est révélée assez déterminante. Ecouter la présentation des équipes, aiguiller leur raisonnement et répondre à leurs doutes soulève bien évidemment des remarques supplémentaires émanant des mentors. Lors qu’ils interviennent de la sorte, les mentors doivent donc garder en tête que certes les équipes doivent avancer vite, mais bien aussi. D’où l’idée de s’organiser pour leur dispenser des points synthétiques peut-être plus fréquents qu’une séance trop dense qui risquerait d’embrouiller les esprits et de freiner l’avancement des participants.

Travail Mentors

Avant de déjeuner, la matinée s’est achevée par une présentation de Simon Robic, co-fondateur de Bringr, un service construit pour « ramener du sens à tout ce qui est publié sur le web ». Bringr est un agrégateur de flux très amélioré, dont la valeur ajoutée repose autant sur les fonctionnalités de personnalisation des filtres que sur des statistiques quantitatives et qualitatives (avec analyse sentimentale du champ lexical entourant le mot clé choisi). Du point de vue des usages, Bringr pourrait devenir un outil des plus pertinents pour les journalistes, veilleurs ou internautes désireux de centraliser sur une seule et même plateforme les évocations en ligne de leurs sujets de prédilection, en temps réel et en stockant leur historique (sachant qu’il sera possible de choisir les sources d’intérêt : réseaux sociaux, blogs, etc.). Bringr sera prochainement disponible en version beta. Le lancement et le modèle économique de cet « outil pour prendre le pouls d’un sujet ou d’un territoire » seront donc à surveiller de près.

Bringr

L’échéance de l’exercice des pitchs de mi-parcours

En fin d’après-midi, les équipes ont été invitées à pitcher leurs projets pour faire état de leur avancement et s’entraîner pour cette épreuve finale de la MediaLab Session. Au programme : cinq minutes de présentation suivies de cinq minutes de questions. Cet exercice visait avant tout à tester les participants sur la pratique du pitch et à les aider à s’améliorer.

  • Le projet de site web page blanche alimenté par une rédaction en open source (et la mise en ligne de contenus bruts géolocalisés) est désormais baptisé « 102 heures » !

Pourquoi ce nom 102 heures ? Certains se sont un peu arrachés les cheveux pour trouver le calcul, alors je vais vous livrer leur formule : prenez le temps de réalisation d’une enquête du lundi 9 heures au vendredi 17 heures, et vous aboutirez à 104 heures. La diction n’étant pas des plus fluides, l’équipe a opté pour réduire ce temps à 102 heures ! Ce groupe entièrement masculin de sept personnes a opté pour un projet hyperlocal repose sur des enquêtes hebdomadaires géolocalisées traitées par des journalistes. Chaque semaine, trois sujets seront proposés : le premier déterminé par la rédaction, le deuxième choisi par les internautes et le dernier proposé et réalisé par un journaliste d’un média partenaire. Le concept de la page blanche renvoie à l’idée qu’elle se remplira au fil de l’investigation du journaliste que les internautes pourront suivre. Pour donner une seconde vie aux enquêtes, le groupe imagine peut-être des post-enquêtes de type webdocumentaires ou séquences TV. Le modèle économique esquissé repose sur la publicité et le crowdfunding. Bonne surprise : l’équipe a déjà son compte Twitter !

  • Le magazine mensuel gratuit bi-média de news hyperlocales se dénomme pour le moment « Mosaïque ».

Ce groupe de cinq personnes conçoit son magazine papier comme un « objet de lecture » en travaillant l’esthétisme et en y intégrant pourquoi pas du photojournalisme. La dimension éditoriale promet un « contenu de qualité ». Trois thématiques sont retenues : actualité, art de vivre, métiers et entreprises. Le projet repose sur une dimension collaborative, avec l’idée de constituer un « pool d’alerteurs » sur les événements dans la ville. Le caractère gratuit du magazine impose a priori un modèle publicitaire. Quant à la diffusion, elle passerait par le canal des entreprises et des lieux publics collectifs et culturels. Les questions posées après le pitch ont été principalement axées sur la définition de l’offre bi-média, la précision de la cible, ainsi que la pertinence du modèle économique au vu des coûts de production d’un produit esthétique au sujet duquel l’équipe n’avait malheureusement pas encore de précisions concrètes à apporter (format, maquette, qualité du papier, etc.). Laissons-leur le temps d’affiner leur projet dans les prochaines 24 heures !

Pitch projet bi-média

  • La webcast événementielle (sport, musique, etc.) tournée vers l’usager était hier déjà un projet mûrement réfléchi par ses deux porteurs, qui ont depuis agrandi leur équipe.

Ce groupe de cinq personnes a pour ambition de créer une plateforme centralisant à la fois la vidéo live d’un événement et la dimension sociale. Le pitch s’est longuement intéressé à la justification des choix opérés, un peu trop au goût des mentors ;). A l’heure actuelle, visionner le live d’une compétition de surf par exemple relève du jonglage entre plusieurs onglets : site diffuseur de la vidéo, Facebook, Twitter, etc. Ce projet souhaite donc se distinguer en offrant aux usagers la centralisation comme valeur ajoutée. Ce modèle renvoie à une logique en B to B, puisque c’est la plateforme qui serait fournie à des producteurs d’événements (le groupe ne serait pas producteur des vidéos). Par ailleurs, la tendance du marché semble s’orienter vers un visionnage payant du webcast, d’où la possibilité de prélever une commission sur les recettes générées par cette voie auprès des producteurs/diffuseurs. D’éventuelles options payantes pour les usagers, comme les alertes ou les commentaires (peut-être intégrés au bon timing, à la mode de SoundCloud) sont à l’étude. L’équipe a impressionné le public en annonçant qu’elle avait réussi à contacter le responsable média de l’ASP Europe (Association of Surfing Professionals), qui s’est dit très intéressé par le projet. A la question de savoir s’ils souhaitaient se positionner sur le marché du replay, le groupe a répondu se focaliser sur le live pour le moment.

  • Le pure player hyperlocal axé sur les faits divers et la justice souhaite travailler la géolocalisation, afin de proposer une cartographie de ces thèmes.

Ce groupe de cinq personnes a introduit son pitch en rappelant que les faits divers étaient « la poule aux œufs d’or de la presse locale ». Aux yeux des mentors, cette équipe s’est elle-aussi un peu trop étendue sur la justification de son sujet et a un peu trop tardé à dévoiler le cœur de son projet. Au-delà de ce point, le dynamisme de la présentation a été ponctué d’anecdotes et du rappel de règles aussi fondamentales que « la règle du mort kilométrique », selon laquelle un meurtre commis pas loin de chez soi suscite malheureusement peut-être davantage d’intérêt qu’une centaine de meurtres commis à l’autre bout du monde (la proximité étant un critère phare de l’information hyperlocale). La géolocalisation a suscité des réserves parmi les mentors, Philippe Couve leur a ainsi demandé s’ils avaient prévu un « budget juridique » pour d’éventuels litiges liés à la problématique du croisement de l’hyperlocal (tout le monde se connaît dans une petite ville) et de présomption d’innocence lors de la couverture d’un procès par exemple. Au niveau du modèle économique, le groupe penche pour la publicité, la syndication ou encore la possibilité de se convertir en agence de presse de faits divers. Sur ce point, les mentors ont relevé les potentielles réticences des annonceurs du fait de la thématique du pure player.

Pitch gp fait div

Cet entraînement de mi-parcours à la pratique du pitch s’est révélé des plus bénéfiques, parce qu’il a permis aux participants de se mettre en situation pour la séance finale. Les mentors en ont profité pour leur donner des conseils et des astuces pour parvenir à exceller dans l’art de pitcher. Pour retrouver les photos des autres pitch, RDV ici. Tout le monde s’est remis au travail et les équipes ne se sont accordées qu’une courte pause pizza pour le dîner. Il est 23 heures, trois équipes sont encore au travail et une équipe semble avoir opté pour se reposer pour mieux repartir tôt demain. Les autres participants vont-ils rester travailler à SciencesCom toute la nuit pour tirer au mieux profit des 48 heures de la MediaLab Session ?

Pourquoi j’en parle ? Parce que c’était le deuxième acte de la MediaLab Session ! A suivre…

This entry was posted in MediaBullition and tagged , . Bookmark the permalink.

3 Responses to Les premières 24 heures de la MediaLab Session : acte 2

  1. Pingback: Les coulisses de la MediaLab Session : acte 3 | LaMediAddict

  2. Pingback: Compte à rebours avant les pitchs finaux de la MediaLab Session : acte 4 | LaMediAddict

  3. Pingback: Les pitchs devant jury, le grand final de la MediaLab Session : acte 5 | LaMediAddict

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s